Fête de la pêche

Compte rendu Assemblée Fédération

SOMME Les pêcheurs en ont ras le bol de la Véloroute et ses cyclistes

 

Les associations agréées de pêche de la Somme ont tenu hier leur assemblée générale. Surprise ! La Véloroute énerve particulièrement ces utilisateurs si calmes de la nature.

On l’oublie trop : avec 1,5 million d’adeptes, la pêche est le deuxième loisir en France après le football. Plus crucial encore, ces pêcheurs sont de véritables sentinelles des cours d’eau et des milieux aquatiques, souvent les premiers à détecter une pollution ou un dérèglement ; toujours en première ligne quand il s’agit d’aménager un site de reproduction ou améliorer la connaissance des espèces ; et parmi les meilleurs pédagogues quand il s’agit d’éduquer et de sensibiliser à la protection des milieux naturels.

D’où l’importance de la 70e assemblée de la Fédération des associations agréées pour la pêche et la protection des milieux aquatiques, que préside Guy Lacherez.


1 La Véloroute de la colère

« On nous avait dit qu’il y aurait des berges réservées aux pêcheurs et que des pontons seraient créés. En réalité, c’est tout pour les vélos. Les élus sont à genoux devant les vélos. Mais nous, on a de plus en plus affaire à des cyclistes ultra-équipés qui n’ont aucun respect et roulent à toute vitesse avec leur chronomètre pour améliorer leur performance sur leur parcours. On demande que les zones réservées aux pêcheurs le soient réellement. »


Le président Guy Lacherez s’est taillé un franc succès à l’applaudimètre lorsqu’il a dit tout net ce qu’il pensait de la Véloroute Vallée de Somme (porté par le Département). Tout comme le secrétaire Patrick Vilmant qui avait fourni des données précises : « Le projet Vélo vallée de Somme, c’est 20M € pour aménager 124 km de berges et chemins de halage entre Péronne et Saint-Valery. Les zones de pêche qui nous ont été réservées, c’est 3 km à Camon, 1 km à Aubigny, 200 m à Blangy-Tronville et 3,7 km à Chippilly-Méricourt dont l’aménagement n’a pas été réalisé. Quant aux pontons, on en a 20 à Abbeville, 14 à Camon, 4 à Aubigny et 10 sur des secteurs divers. Il n’y a aucune signalétique, aucune médiation, aucune répression », a-t-il fustigé.


Guy Lacherez a regretté le peu d’information et de mobilisation pendant l’enquête d’utilité publique avant d’insister : « On nous retire des parcours de pêche au profit des vélos sans nous concerter. »